Iris cretica et production de parfums en Crète minoenne

Dans la région de l’atelier « Bolanis », sur le site de Chamalevri, à l’ouest de la Crète, ont été découverts des preuves de la production de matières parfumées. Chronologiquement, ces éléments coïncident avec la période pré-palatiale, du minoen moyen I A (env. 2160-2000 av. JC).
La production et l’utilisation de matières parfumées et de pommades pendant toute la durée du monde minoen et mycénien est considérée de fait, et confirmée par les tablettes du linéaire B. L’analyse de débris organiques issus de vases de l’atelier « Bolanis » a donné la première preuve scientifique de la production de matières parfumées du monde minoen.

Ainsi, les minoens, 4 000 ans auparavant, et bien avant que ne soient construits les premiers palais, reconnaissaient et utilisaient les produits de la parfumerie, considérés aujourd’hui comme les plus rare et les plus cher.

Cela nous conduit donc à la conclusion suivante : une partie des richesses qui ont concouru à la construction des premiers palais provenait certainement du commerce de biens rares et précieux, comme c’est le cas, par exemple, des parfums contenant de l’essence d’iris. Ce que nous découvrons à l’atelier « Bolanis » constitue une preuve tangible de la production d’un bien qui a permis aux minoens d’occuper une place prédominante, à leur époque.

Aujourd’hui, l’essence d’iris est utilisée dans l’industrie de la parfumerie comme un composant essentiel. Il est même l’ingrédient le plus cher (vendu à environ 1 500 000 drachmes le kilo).

A l’emplacement de « Bolanis » à Chamaleuvriou, a été découvert, en 1992, une portion d’installation de laboratoire à ciel ouvert datant de la fin du MM I A (env. 2160-2000 av. JC), qui indiquerait très probablement que ce laboratoire dépasse le cadre familial et qu’il pourrait s’agir d’un système industriel de l’époque : des chemins longitudinaux et pavés de communication ainsi que des cloisons entre les différents métiers, de multiples et différentes sortes de cheminées, des outils en terre cuite, de forme originale et à usage précis, de grandes fosses de déchets.

Le produit qu’ils fabriquaient à cet endroit nous était inconnu. En tout cas, l’utilisation du feu était étendue et intense. Nous en avons conclu que le produit en question était dégradable et qu’il était peut-être en relation avec les produits trouvés dans la ville minoenne da – *22-to, laquelle se situait, d’après les spécialistes du linéaire B, à la place de Chamalevri/Stravromenou.
Ces produits sont des céréales, des olives, du lin, des moutons, des bovins, de la laine, des plantes aromatiques et des tissus.

Les résultats des analyses des fragments provenant de cinq outils différents ont permis la découverte inattendue mais évidente du fonctionnement de l’atelier comme d’un lieu de transformation de plantes aromatiques (comme l’iris) pour la production d’huiles aromatiques.


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